Weekly report

FX Performance

Performance des huit devises du G10, lecture macro de la semaine, biais par devise, calendrier commenté et setups suivis.

Force relative sur la semaine

    Biais de la semaine

    12/10/26 — 16/10/26 Forex · Macro · Rates FONDANALYSE
    Market snapshot

    Performance hebdomadaire

    Une lecture immédiate des devises les mieux orientées et de celles qui ont le plus reculé sur la période.

    Overview

    Recap de la semaine

    Une synthèse exécutive plus claire, avec trois visuels de synthèse cliquables pour ouvrir les images en grand.

    Ce qu’il s’est passé

    La semaine écoulée a été marquée par une nouvelle aggravation des risques énergétiques au Moyen-Orient. Les hostilités entre l’Arabie saoudite et les Houthis se sont intensifiées, avec des attaques rapportées autour de Riyad, Dhahran, Jeddah et Yanbu, ainsi que des menaces contre les installations d’Aramco et l’oléoduc Est-Ouest. Les autorités saoudiennes ont indiqué avoir intercepté plusieurs attaques, mais les informations contradictoires ont maintenu une forte incertitude sur la continuité des approvisionnements.

    Les négociations entre Washington et Téhéran restent bloquées sur l’ordre des concessions. L’Iran réclame la fin du conflit, un allègement des sanctions, la libération de ses avoirs et la levée du blocus avant des engagements plus larges. Les États-Unis demandent d’abord des concessions nucléaires. Les incidents rapportés contre des tankers et des navires commerciaux à Ormuz et en mer d’Oman ont parallèlement renforcé les risques de transport, malgré la poursuite du dialogue.

    Le pétrole a terminé en forte hausse. Entre lundi et vendredi, le WTI est passé de USD 93,74 à USD 101,41 le baril, tandis que le Brent a progressé de USD 106,65 à USD 109,86, après avoir brièvement atteint USD 110. Les stocks pétroliers commerciaux américains ont diminué de 13,4 millions de barils, dont 8,557 millions pour le brut. Les perturbations restent suffisamment importantes pour que l’AIE anticipe une contraction de l’offre mondiale plus forte que celle de la demande en 2026.

    Aux États-Unis, les publications ont confirmé l’accélération de l’inflation. Le CPI de septembre a progressé de 0,6 % sur le mois et de 3,7 % sur un an, tandis que le core a atteint 0,3 % mensuel et 2,6 % annuel. L’énergie a augmenté de 20,4 % sur un an et l’essence de 34,2 %. Les tensions restent donc particulièrement concentrées sur les dépenses essentielles des ménages, alors que l’indice hors alimentation, énergie et logement demeure à 2,0 %.

    Le PPI a ajouté une pression supplémentaire, avec une hausse de 1,3 % sur le mois et de 6,3 % sur un an. Les prix de l’énergie à la production ont progressé de 35,4 %, tandis que la mesure hors alimentation, énergie et services commerciaux a atteint 5,0 %. Ces chiffres signalent un risque de transmission aux clients dans les prochains mois, notamment à travers les coûts de transport et de distribution.

    L’activité américaine a pourtant conservé une certaine résistance. Les ventes au détail ont dépassé les attentes au niveau global, mais une partie importante de cette progression vient du prix des carburants et le groupe de contrôle a été moins solide. Les inscriptions au chômage sont restées faibles, la production industrielle a surpris positivement et GDPNow a maintenu son estimation de croissance du troisième trimestre à 3,6 %. Le tableau reste donc contrasté après le faible NFP de septembre.

    Le CPI a d’abord fait remonter la probabilité d’une hausse de la Fed en octobre d’environ 20 % à près de 50 %. Le marché a même intégré temporairement deux relèvements de 25bp d’ici fin janvier. La correction technologique, la baisse des rendements longs et l’absence de guidage de Kevin Warsh ont ensuite ramené cette probabilité autour de 17 % vendredi. Les responsables restent partagés entre nécessité de contenir l’inflation et possibilité de laisser davantage de temps au resserrement déjà effectué.

    En Europe, l’inflation de septembre a été confirmée à 3,8 % pour le headline et à 2,5 % pour le core. La production industrielle de la zone euro a toutefois reculé de 0,5 % sur le mois et de 1,1 % sur un an. La BCE a conservé un ton vigilant, sans considérer que les tensions françaises justifient une intervention. Le spread franco-allemand est resté élevé et l’incertitude budgétaire a continué de peser sur l’euro.

    Au Royaume-Uni, le PIB d’août a progressé de 0,1 %, contre une baisse attendue, avec de meilleurs chiffres industriels et manufacturiers. La livre a également bénéficié d’anticipations plus constructives concernant le budget du 28 octobre. En Australie, l’emploi a au contraire reculé de 39,3k et le chômage est monté à 4,7 %, entraînant une réduction des attentes de nouvelle hausse de la RBA. Au Japon, Ueda a maintenu la perspective d’une poursuite de la normalisation, mais une hausse dès octobre paraît moins probable qu’un mouvement en décembre.

    La correction de l’IA a constitué l’autre événement majeur de la semaine. Les progrès annoncés par CXMT dans les puces mémoire ont pesé sur le secteur, tandis que les revenus rapportés d’Anthropic et la révision de certaines attentes de valorisation ont fragilisé le sentiment. Le rendement obligataire de CoreWeave, passé au-dessus de 15 %, a surtout attiré l’attention sur le coût du financement et la soutenabilité des investissements fortement endettés.

    Les résultats d’entreprises ont été contrastés et les bonnes publications, notamment d’ASML, n’ont pas suffi à inverser la correction sectorielle. Entre lundi et vendredi, le S&P 500 est passé de 7 807 à 7 659 et le Nasdaq 100 de 30 665 à 29 188. Le Dow et plusieurs indices européens ont mieux résisté grâce à leur exposition à l’énergie, à la défense et aux secteurs moins dépendants des grandes valeurs technologiques.

    Les Treasuries ont d’abord reculé après le CPI, puis bénéficié des achats défensifs liés à la baisse des actions. Le dix ans est revenu vers 5,09 % jeudi, avant une remontée du long end vendredi avec le pétrole et les inquiétudes sur la prime de terme. Le déficit fédéral de l’exercice 2026, à USD 1 992 milliards, et les paiements d’intérêts bruts de USD 1 360 milliards ont maintenu le risque budgétaire en arrière-plan.

    Le dollar a atteint un sommet annuel proche de 102,95 sur le DXY avant de revenir autour de 101,6 vendredi. L’or, initialement tombé sous USD 4 100 après le CPI, a retrouvé la zone de USD 4 150-4 190 avec la demande de protection. Le franc a bénéficié du mouvement défensif, tandis que le yen est resté contraint par les différentiels de taux malgré les signaux plus fermes de la BoJ.

    Lecture marché

    La lecture principale de la semaine est que le choc énergétique commence à rencontrer une fragilité financière plus visible. Les prix augmentent, mais la capacité des ménages et des entreprises à absorber simultanément l’énergie chère et le coût du crédit devient moins évidente. La Fed doit donc arbitrer entre un emploi déjà ralenti et des pressions inflationnistes qui ne se dissipent pas.

    Le CPI ne montre pas encore une accélération uniforme de tous les prix. Cependant, la concentration de l’inflation sur l’essence, l’énergie et le logement suffit à réduire le pouvoir d’achat. Le PPI ajoute un risque différé : les entreprises peuvent absorber une partie du choc dans leurs marges, mais des coûts durablement élevés augmentent la probabilité de hausses de prix ultérieures.

    C’est ce qui rend la réduction du pricing Fed délicate à interpréter. Le marché a diminué ses attentes de hausse en octobre alors que les données de prix se renforçaient. Cette détente reflète davantage les inquiétudes sur l’emploi, la correction des actifs et le resserrement des conditions financières qu’une amélioration du scénario inflationniste.

    Le rally des Treasuries doit être lu dans ce cadre. Une baisse des rendements provoquée par la recherche de protection ne garantit pas une détente durable. Le dix ans reste au-dessus de 5 %, tandis que le pétrole, les émissions et les finances publiques continuent de peser sur le long end. La hausse finale des maturités longues montre que le risque inflationniste et budgétaire n’a pas disparu avec la correction du Nasdaq.

    L’IA devient également un canal de transmission financier. Elle soutient l’investissement, mais mobilise de grandes quantités d’énergie, de capital et de crédit. Un rendement supérieur à 15 % sur la dette de CoreWeave ne suffit pas à établir une crise sectorielle, mais il montre que les investisseurs exigent une rémunération beaucoup plus élevée pour certaines structures. Le marché commence à distinguer plus nettement la croissance du thème et la capacité des entreprises à financer cette croissance.

    Sur les devises, le recul du dollar malgré la hausse du pétrole marque une limite à son soutien habituel par les taux et les flux défensifs. Les inquiétudes sur la croissance américaine et les valorisations technologiques ont pris davantage de place. L’euro ne bénéficie toutefois pas pleinement de ce mouvement, freiné par le risque français, tandis que le franc retrouve un rôle de protection plus visible.

    Le biais de la semaine ressort avec un risque énergétique et inflationniste renforcé, un dollar affaibli en fin de séquence et des actifs technologiques nettement affaiblis. La probabilité d’une pause de la Fed est renforcée, mais elle repose sur un arbitrage plus difficile entre les deux volets de son mandat.

    Visuels overview

    Week ahead

    Ce que le marché va surveiller

    Catalyseurs

    La semaine américaine sera marquée par le début de la période de silence de la Fed avant la réunion des 27 et 28 octobre. Sans nouveaux commentaires de politique monétaire, les investisseurs devront s’appuyer sur les enquêtes d’activité pour évaluer la transmission du choc énergétique et la résistance de la demande.

    L’indice immobilier NAHB de lundi donnera une lecture du sentiment des constructeurs dans un environnement où les taux hypothécaires fixes évoluent autour de 7,5 %. Le marché regardera surtout le trafic des acheteurs et les perspectives de ventes. L’accessibilité du logement reste dégradée, tandis que les inquiétudes concernant l’emploi et l’inflation peuvent retarder davantage les décisions d’achat.

    Les enquêtes régionales constitueront ensuite le principal bloc américain. Richmond publiera ses données manufacturières et de services mardi, suivi de Chicago et Kansas City dans la seconde partie de semaine. Les prix, l’emploi, les commandes et les commentaires sur les coûts de transport seront plus importants que les seuls indices d’activité. Le marché cherchera à vérifier si la pression signalée par le CPI et le PPI commence à modifier les décisions des entreprises.

    En Chine, le PIB du troisième trimestre et les données d’activité de septembre seront les principaux rendez-vous asiatiques. Après un ralentissement au deuxième trimestre, les enquêtes suggèrent des conditions encore peu dynamiques, malgré certaines publications récentes meilleures qu’attendu. L’industrie, la consommation et l’investissement permettront de mesurer la profondeur de ce ralentissement et la place encore occupée par la demande technologique.

    Ces chiffres précéderont la revue mensuelle des LPR de la PBoC. Au-delà de la décision, le marché surveillera l’évaluation des autorités et leur disposition à renforcer le soutien. Une économie décrite comme stable mais toujours déséquilibrée pourrait maintenir la préférence pour des mesures ciblées plutôt qu’un assouplissement généralisé.

    La Bank of Korea devra arbitrer entre les risques persistants et la modération récente de l’inflation. Après deux hausses successives, en juillet et en août, elle avait indiqué que de nouveaux relèvements étaient probables. Le recul du headline et du core en septembre pourrait toutefois lui permettre de patienter, même si la volatilité du change et les prix immobiliers à Séoul restent des points de vigilance.

    L’inflation néo-zélandaise sera également importante avant la prochaine réunion de la RBNZ. Le headline avait atteint 4,1 % au deuxième trimestre, au-dessus de la fourchette cible de 1,0-3,0 %. Après deux hausses de taux, une modération nette serait nécessaire pour affaiblir le scénario de poursuite du resserrement.

    Enfin, Singapour et Hong Kong publieront leur inflation, Taïwan sa production industrielle et l’Inde ses PMI flash d’octobre. Ces données compléteront la lecture d’une région partagée entre soutien technologique, contraintes énergétiques et demande domestique inégale. Les risques sur Ormuz et les infrastructures saoudiennes resteront parallèlement capables de dominer l’ensemble du calendrier.

    Angle de lecture

    L’angle principal sera de déterminer si le choc de prix se traduit surtout par davantage d’inflation ou commence à provoquer un ralentissement plus visible de l’activité. Les enquêtes américaines permettront de mesurer cet arbitrage. Des prix toujours élevés accompagnés de commandes et d’emploi solides pourraient rétablir une partie du pricing hawkish. À l’inverse, une dégradation de l’activité renforcerait le scénario d’une pause, même sans baisse immédiate des coûts.

    La réaction des obligations sera essentielle. Si les rendements diminuent avec des données plus faibles et se stabilisent malgré le pétrole, le marché donnera davantage de poids au ralentissement. Si le long end reste sous pression alors que les anticipations de hausse de la Fed reculent, les risques d’offre de dette, d’inflation et de prime de terme conserveront leur influence.

    En Chine, il faudra distinguer une amélioration des secteurs exportateurs d’une reprise plus large de la demande intérieure. Une industrie soutenue par la technologie ne suffira pas nécessairement à compenser la faiblesse de la consommation et de l’immobilier. Une stabilisation plus équilibrée, accompagnée d’un soutien crédible, serait plus favorable aux matières premières et aux devises cycliques.

    La Corée et la Nouvelle-Zélande donneront deux lectures complémentaires du cycle monétaire asiatique. Une pause coréenne motivée par la modération des prix montrerait qu’un peu de flexibilité devient possible. Une inflation néo-zélandaise encore élevée confirmerait au contraire que le choc énergétique continue de prolonger le resserrement dans certaines économies.

    Enfin, le financement de l’IA restera un risque hors calendrier. Une stabilisation du crédit et des valeurs technologiques réduirait la demande défensive, tandis qu’une nouvelle correction pourrait continuer de peser sur le dollar et de soutenir les Treasuries, sans résoudre le problème énergétique. Le marché entre donc dans une semaine où une Fed plus patiente peut coexister avec une inflation persistante et des conditions financières toujours difficiles.

    Visuels week ahead

    Calendrier

    Calendrier de la semaine

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    Forex

    Currency views

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    Watchlist

    Setups suivis

    Le setup de la semaine, avec visuel cliquable en grand.

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